252                       Les Spectacles de la Foire.
le 22 février 1707, le Parlement rejeta lès requêtes du cardinal d'Estrées et de son receveur et confirma purement et simplement les sentences du lieutenant de police. La situation était grave : l'arrêt interdisait aux farceurs et danseurs de corde de la foire de représenter aucune comédie, colloque ou dialogue, et les réduisait par conséquent au monologue. Il était bien difficile dans de pa­reilles conditions de pouvoir jouer quoi que ce fût d'intéressant ; ils l'essayèrent pourtant, et soutenus dans leur entreprise par le public, que cette lutte intéressait et qui leur donnait évidemment raison contre la Comédie-Française, ils parvinrent encore à attirer dans leurs salles un nonrbre très-satisfaisant d'auditeurs. Ce n'était pas là ce qu'espéraient les Comédiens français; aussi, sous prétexte de quelque infraction à l'arrêt du 22 février 1707 commis par la troupe de Delaplace et Dolet qui jouait chez Alexandre Bertrand, ils firent dresser procès-verbal les 11 et 30 août 1707 par les commissaires Cailly et Dubois et assignèrent Bertrand, Dolet et Delaplace devant le lieutenant général de police. Ce der­nier rendit le 9 septembre la sentence suivante : « Sentence rendue par le lieutenant général de police du Châtelet de Paris entre les Comédiens français, demandeurs en requête du 30 août 1707 a ce que : attendu les contraventions faites par Dolet, Laplace et autres aux fentences, arrêts et règlemens, le lieu, où ils font leurs repré-fentations fera fermé et leur théâtre abattu et démoli ; même permis aux comédiens à toutes autres contraventions, foit à la foire Saint-Laurent, foit à la foire Saint-Germain, de faire abattre et démolir lès théâtres qu'ils pourront conftruire. Et attendu la ré­cidive, qu'ils feront condamnés folidairement et par corps en 6,ooo livres de dommages-intérêts et en tous les dépens ; d'une part. Et lefdits Dolet et Delaplace et autres, défendeursd'autrcpart : par laquelle ouïs les commiffaires Dubois et Cailly en leur rap­port, lefdits Dolet et Delaplace ont été condamnés folidairement avec tous les acteurs en 500 livres de dommages et intérêts envers les Comédiens pour les contraventions par eux commifes aux arrêts et règlemens et en tous dépens. » Suivant leur habitude, les Co-